Pratchett

Oyez ! Et voici qu’entre, dans un grincement d’os, La MORT, inévitable, qui parfois en a assez de bosser. Elle défile devant. Puis suivent des sorcières, des mages, des démons, des dragons asthmatiques, un bagage cannibale, un agent municipal neurasthénique, un sortilège vagabond, des trolls et des nains, tous agglutinés sur un monde plat, reposant en majesté sur quatre éléphants, juchés eux-mêmes sur la vénérable tortue stellaire, la Grande A’Tuin.

 

C’est fou. Déglingué, barré, déjanté, et tellement proche de nous. Les personnages du joyeux anticonformiste qu’était Terry Pratchett (Sir Terence depuis son anoblissement), possèdent tous une qualité maligne ou un vilain défaut qui ne nous est pas étranger.

Se plonger dans ce cycle parodique de la fantasy, c’est s’accorder une pause, se délecter d’un plaisir coupable, laisser fondre un carré de chocolat sur sa langue gourmande.

Pratchett a su détourner les héros en zéros et les nuls en hérauts – Rincevent, le mage le plus inadapté du Disque-monde. Avec sa plume, ce sont de véritables éblouissements visuels qui nous sont offerts. Il maîtrise comme personne les mises en scène percutantes. Son travail sur les effets sensoriels laisse sans voix, heureux et hébété.

Il a inventé une couleur : l’Octarine ! Diantre !

Les annales ne se suivent pas – et c’est tant mieux ! – bien que les romans s’articulent souvent autour de personnages récurent ou de lieux tel Ankh-Morpork, ville sombre, sale et coupe-gorge de renom. Pratchett a délivré au monde pas moins d’une trentaine de ces romans réjouissants et truculents. Ils sont aussi le lieu de détournements plus littéraires – Hamlet, Faust ou Prométhée – de critiques de notre société – le cinéma, la philosophie ou les syncrétismes – et toujours l’occasion de nous surprendre. Le découpage est cinématographique, parfois plusieurs volées de pages, d’autres fois un petit paragraphe puissant.

Josh Kirby, qui a dessiné la plupart des couvertures, chez l’Atalante, rend à cet univers délirant une réalité visuelle magistrale – et que dire du roman illustré Éric qu’il cosigne avec l’ami Terry !

C’est anglais, très anglais (trop anglais ?) et cela ravit.

Mais au fond, rien de tout cela n’est important puisque tout réside dans une seule question fondamentale : « Quel est le sexe de la tortue ? »

 Philippe

 ...qui partage sa passion pour Terry Pratchett en vidéo :

 

Les annales du Disque-Monde / Terry Pratchett

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